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Tout ce qui nous entoure est constitué de matière : l'air que tu respires, l'eau que tu bois, le métal de ton téléphone, le plastique de ton stylo. Mais toute la matière n'est pas de même nature. Certains échantillons ne contiennent qu'une seule substance — on parle de corps purs — tandis que d'autres en contiennent plusieurs — ce sont des mélanges.
Savoir distinguer un corps pur d'un mélange, identifier les espèces chimiques présentes dans un échantillon et déterminer la composition d'un mélange : voilà les compétences fondamentales de ce premier chapitre, qui sont au cœur du travail du chimiste.
Une espèce chimique est caractérisée par :
À retenir : deux échantillons contenant la même espèce chimique possèdent exactement les mêmes propriétés physiques (même température de fusion, même température d'ébullition, même masse volumique…), quelle que soit leur origine.
Chaque espèce chimique possède des grandeurs mesurables qui lui sont propres et qui servent de « carte d'identité ». Les principales sont :
Exemple : l'eau pure fond à 0 °C et bout à 100 °C sous pression atmosphérique normale (1 013 hPa). Sa masse volumique à 25 °C vaut ρ_eau ≈ 1,0 g/mL ou 1 000 kg/m³.
Un corps pur est un échantillon de matière constitué d'une seule espèce chimique.
Ses propriétés physiques sont parfaitement définies et reproductibles. En particulier, un corps pur possède une température de changement d'état bien précise : lors de la fusion ou de l'ébullition, la température reste constante tant que les deux phases coexistent. C'est ce qu'on appelle un palier de température.
Exemples : eau distillée (H₂O), fer pur (Fe), dioxygène liquide (O₂), or pur (Au), éthanol absolu (C₂H₆O).
Un mélange est un échantillon de matière constitué de plusieurs espèces chimiques différentes.
Contrairement à un corps pur, un mélange n'a pas de température de changement d'état précise : la température varie pendant le changement d'état (pas de palier net). C'est d'ailleurs un critère expérimental pour distinguer un corps pur d'un mélange.
On distingue deux types de mélanges :
Mélange homogène : l'échantillon présente un aspect uniforme ; on ne peut pas distinguer les différents constituants à l'œil nu, même avec une loupe. Il n'y a qu'une seule phase visible.
Exemples : l'air, l'eau salée, l'eau minérale, le vinaigre, un alliage comme le bronze (cuivre + étain), l'essence.
Mélange hétérogène : on peut distinguer au moins deux phases différentes à l'œil nu ou au microscope. Les frontières entre les constituants sont visibles.
Exemples : l'eau boueuse, un jus d'orange avec pulpe, le granite (on distingue les grains de quartz, feldspath et mica), une vinaigrette non agitée (phase huileuse au-dessus, phase aqueuse en dessous), le sang (globules rouges en suspension dans le plasma).
Comment savoir si un échantillon est un corps pur ou un mélange ? On peut réaliser une courbe de chauffage (ou de refroidissement) : on relève la température en fonction du temps lors d'un changement d'état.
Conclusion : un palier de température lors d'un changement d'état est caractéristique d'un corps pur. Si la température varie continûment, il s'agit d'un mélange.
Le chimiste dispose de plusieurs méthodes pour identifier les espèces chimiques présentes dans un échantillon. On distingue les mesures physiques et les tests chimiques.
Température de changement d'état : on mesure la température de fusion ou d'ébullition de l'échantillon et on la compare aux valeurs de référence tabulées. Si la valeur mesurée correspond à celle d'une espèce connue, on peut conclure à sa présence.
Exemple : un liquide inconnu bout à 78 °C sous pression atmosphérique normale. La table de référence indique θ_éb(éthanol) = 78,4 °C. On peut en déduire que ce liquide est probablement de l'éthanol.
Masse volumique : on détermine la masse volumique de l'échantillon grâce à la relation :
où m est la masse (en g ou kg) et V le volume (en mL, L ou m³), puis on compare à des valeurs de référence.
| Espèce chimique | Masse volumique (g·mL⁻¹) à 20 °C |
|---|---|
| Eau | 1,00 |
| Éthanol | 0,79 |
| Huile d'olive | 0,92 |
| Mercure | 13,5 |
| Fer | 7,87 |
| Aluminium | 2,70 |
| Air (g·L⁻¹) | ≈ 1,2 |
Valeur à retenir : la masse volumique de l'eau liquide vaut ρ_eau = 1,00 g·mL⁻¹ = 1 000 kg·m⁻³. C'est une valeur de référence fondamentale.
Chromatographie sur Couche Mince (CCM) : technique de séparation et d'identification. On dépose un petit échantillon sur une plaque recouverte d'un matériau adsorbant (silice), on laisse un solvant (éluant) monter par capillarité. Chaque espèce chimique migre à une hauteur qui lui est propre. En comparant les taches obtenues avec celles de substances de référence, on identifie les espèces présentes.
Interprétation : si une tache de l'échantillon est à la même hauteur qu'une tache de référence, les deux contiennent la même espèce chimique. Si l'échantillon présente plusieurs taches, c'est un mélange.
Les tests chimiques reposent sur une réaction caractéristique qui produit un résultat observable (changement de couleur, formation d'un précipité, dégagement gazeux…). Tu dois connaître les quatre tests suivants :
| Espèce à détecter | Test chimique | Résultat positif |
|---|---|---|
| Eau (H₂O) | Sulfate de cuivre anhydre (poudre blanche) | La poudre devient bleue |
| Dihydrogène (H₂) | Approcher une flamme (allumette) | Détonation caractéristique (« pop ») |
| Dioxygène (O₂) | Approcher une bûchette incandescente | La bûchette se rallume (flamme vive) |
| Dioxyde de carbone (CO₂) | Faire barboter le gaz dans de l'eau de chaux | L'eau de chaux se trouble (devient laiteuse) |
La composition massique d'un mélange exprime la proportion en masse de chaque constituant. On la donne en pourcentage massique :
où m_A est la masse de l'espèce A dans le mélange et m_totale la masse totale de l'échantillon.
Exemple : on dissout 5,0 g de sel dans 95,0 g d'eau. La masse totale vaut 100,0 g. Le pourcentage massique du sel est : (5,0 / 100,0) × 100 = 5,0 %. Celui de l'eau est 95,0 %.
L'air est un mélange homogène de gaz. Sa composition volumique approchée est :
À retenir : l'air est composé d'environ 78 % de diazote (N₂) et 21 % de dioxygène (O₂) en volume. Sa masse volumique est de l'ordre de 1,2 g·L⁻¹, soit environ 800 fois plus faible que celle de l'eau liquide.
Pour déterminer expérimentalement la composition d'un mélange, on mesure des masses et/ou des volumes, puis on calcule les proportions.
Exemple concret : on pèse un échantillon de 200,0 g de bronze. On sait que le bronze est un alliage de cuivre et d'étain. Après analyse, on trouve que l'échantillon contient 176,0 g de cuivre. Quelle est la composition massique ?
Pour conclure, voici les différentes stratégies pour identifier si un échantillon est un corps pur ou un mélange, et pour déterminer les espèces chimiques qu'il contient :
Espèce chimique : ensemble d'entités chimiques identiques, caractérisé par un nom, une formule et des propriétés physiques définies (θ_fus, θ_éb, ρ…).
Corps pur : une seule espèce chimique. Présente un palier de température lors d'un changement d'état.
Mélange : plusieurs espèces chimiques. Homogène si aspect uniforme (une seule phase), hétérogène si plusieurs phases visibles. Pas de palier net lors d'un changement d'état.
Masse volumique de l'eau : ρ_eau = 1,00 g·mL⁻¹ = 1 000 kg·m⁻³.
Composition de l'air : ≈ 78 % N₂, 21 % O₂, 1 % autres (en volume). ρ_air ≈ 1,2 g·L⁻¹.
Identifier une espèce chimique : par ses températures de changement d'état, sa masse volumique, la CCM, ou des tests chimiques (sulfate de cuivre anhydre pour H₂O, flamme pour H₂, bûchette pour O₂, eau de chaux pour CO₂).
Composition massique : pourcentage massique = (m_constituant / m_totale) × 100.
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