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Consigne générale : pour chaque exercice, lis le texte attentivement, puis réponds aux questions en faisant des phrases complètes. Cite le texte entre guillemets pour justifier tes réponses. Après avoir répondu, consulte le corrigé pour vérifier ta méthode.
Le narrateur, un jeune homme, revient dans le quartier où il a grandi, transformé par la démolition de plusieurs immeubles.
Je suis revenu un matin de novembre. Le bus m'a déposé au même arrêt qu'autrefois, devant le tabac dont l'enseigne clignotait déjà à l'époque. Mais derrière, là où s'élevaient les tours, il n'y avait plus rien. Un terrain vague, des gravats, une palissade métallique sur laquelle quelqu'un avait écrit au marqueur : « On vivait là. » J'ai cherché des yeux l'immeuble de ma grand-mère. Le bâtiment C, escalier 3, cinquième étage. Je savais qu'il avait été détruit — on me l'avait dit au téléphone, comme on annonce un décès, avec cette voix prudente qui prépare au choc. Mais savoir n'est pas voir. Devant ce vide immense où le vent s'engouffrait, j'ai compris que les murs aussi ont une mémoire, et que les détruire, c'est effacer des vies. Une femme est passée, traînant un caddie. Elle marchait vite, le regard fixé droit devant, comme si elle refusait de voir le trou béant à sa gauche. Je l'ai reconnue : Mme Kessler, la voisine du troisième. Nos regards se sont croisés une seconde. Elle a eu un mouvement imperceptible de la tête — pas un salut, plutôt un aveu silencieux : oui, je sais, moi aussi — puis elle a continué sa route. Je suis resté longtemps debout, les mains dans les poches. Le froid me mordait les joues, mais je ne bougeais pas. Il me semblait que si je partais, le dernier témoin disparaîtrait avec moi, et qu'il ne resterait plus rien de ce que nous avions été.
1. Quelle est la situation du narrateur ? Où se trouve-t-il et pourquoi ? (2 pts)
2. Que découvre le narrateur en arrivant ? En quoi cette découverte le bouleverse-t-elle ? (3 pts)
3. Décrivez la réaction de Mme Kessler lorsqu'elle croise le narrateur. Que signifie cette réaction ? (3 pts)
4. « Comme on annonce un décès » (l. 7) : identifiez cette figure de style et expliquez son effet. (2 pts)
5. Relevez le champ lexical de la destruction dans le texte. Quel effet produit-il ? (2,5 pts)
6. Quel est le point de vue narratif ? Justifiez votre réponse et expliquez l'effet produit. (2,5 pts)
7. « Les murs aussi ont une mémoire, et les détruire, c'est effacer des vies. » Expliquez cette phrase et montrez en quoi elle éclaire le sens du texte tout entier. (5 pts)
1. Le narrateur est un jeune homme qui revient dans le quartier de son enfance, où vivait sa grand-mère. Il se rend sur le lieu où se trouvaient les tours de son ancien quartier, qui ont été démolies. Il découvre que l'immeuble de sa grand-mère (« le bâtiment C, escalier 3, cinquième étage ») a été détruit.
2. Le narrateur découvre un « terrain vague » à la place des tours : « des gravats, une palissade métallique ». Cette découverte le bouleverse parce que, même s'il avait été prévenu (« on me l'avait dit au téléphone »), la réalité visuelle est plus violente que l'information : « savoir n'est pas voir ». Le vide physique du lieu matérialise la disparition de tout un monde — celui de son enfance.
3. Mme Kessler marche « vite, le regard fixé droit devant », comme si elle « refusait de voir » la destruction. Lorsqu'elle croise le narrateur, elle fait « un mouvement imperceptible de la tête » qui n'est « pas un salut, plutôt un aveu silencieux ». Cette réaction signifie qu'elle partage la même douleur que le narrateur : elle reconnaît leur perte commune, mais n'a pas les mots pour l'exprimer. Le silence entre eux dit plus qu'un discours.
4. « Comme on annonce un décès » est une comparaison. La démolition de l'immeuble est comparée à la mort d'une personne. Cet effet souligne que pour le narrateur, la destruction du lieu est vécue comme un deuil : ce n'est pas seulement un bâtiment qui disparaît, c'est une partie de sa vie, de son histoire familiale.
5. Le champ lexical de la destruction comprend : « terrain vague », « gravats », « palissade », « détruit », « vide immense », « trou béant », « effacer ». Ce champ lexical omniprésent donne au texte une atmosphère de désolation. Il montre que la destruction est partout, inévitable, et que le narrateur ne peut y échapper.
6. Le point de vue est la focalisation interne : le narrateur raconte à la première personne (« je ») et le lecteur accède à ses pensées et ses émotions (« j'ai compris », « il me semblait que »). Ce choix crée un effet d'empathie : le lecteur ressent la douleur du narrateur comme si c'était la sienne. On voit le terrain vague à travers ses yeux, et le vide prend une dimension émotionnelle, pas seulement physique.
7. Cette phrase est la clé du texte. En disant que « les murs ont une mémoire », le narrateur personnifie les bâtiments : ils ne sont pas de simples constructions, ils portent les souvenirs des gens qui y ont vécu — les repas chez la grand-mère, les rencontres dans les escaliers, la vie quotidienne du quartier. « Les détruire, c'est effacer des vies » va plus loin : la démolition n'est pas seulement matérielle, elle est symbolique. Elle efface les traces d'existence de personnes ordinaires dont l'histoire n'est écrite nulle part — sauf dans la mémoire des lieux. Le texte entier illustre cette idée : le narrateur revient pour témoigner, pour être le « dernier témoin » (dernière phrase). L'écriture devient alors un acte de résistance contre l'oubli : si les murs disparaissent, le récit, lui, garde la trace de « ce que nous avions été ».
Dans cette scène, Élara, une jeune femme, affronte le Préfet d'une ville où la liberté d'expression a été restreinte. Elle a distribué des tracts pour protester contre la fermeture d'un journal.
LE PRÉFET, assis derrière son bureau, feuilletant un dossier sans lever les yeux. — Vous savez pourquoi vous êtes ici, je suppose.
ÉLARA, debout, les mains le long du corps. — Je le sais.
LE PRÉFET — Alors vous conviendrez que c'est regrettable. Une jeune fille de votre âge, de votre milieu. Vous aviez un avenir.
ÉLARA — J'en ai un. Ce n'est pas le même que celui que vous aviez prévu pour moi.
LE PRÉFET, posant le dossier, la regardant pour la première fois. — Vous croyez que quelques feuilles de papier distribuées au coin d'une rue vont changer quoi que ce soit ? Le journal est fermé. C'est fini.
ÉLARA — Un journal, on peut le fermer. Une idée, non.
LE PRÉFET, se levant lentement. — Les idées, mademoiselle, je les connais. Elles brûlent, elles agitent, et puis elles s'éteignent. Croyez-moi, j'ai vu passer plus d'idéalistes que vous ne lirez de livres dans votre vie. Ils ont tous fini par se taire.
ÉLARA — Et vous en êtes fier ?
LE PRÉFET, un silence. — Je suis réaliste.
ÉLARA — Vous êtes fatigué. Ce n'est pas la même chose.
Le Préfet reste immobile un instant. Puis il se rassoit, reprend le dossier.
LE PRÉFET, d'une voix plus basse. — Vous avez vingt-quatre heures pour quitter la ville. Après quoi, je ne pourrai plus rien pour vous.
ÉLARA, sans bouger. — Vous n'avez jamais rien pu pour moi.
Elle sort. Le Préfet reste seul, le dossier ouvert devant lui. Il ne le lit pas.
1. Quelle est la situation d'Élara ? Pourquoi est-elle convoquée par le Préfet ? (2 pts)
2. Quelle est la position du Préfet face à la contestation d'Élara ? Quels arguments utilise-t-il pour la décourager ? (2 pts)
3. Comment la scène se termine-t-elle ? Que signifie la dernière didascalie ? (2 pts)
4. Relevez un passage où les répliques sont particulièrement courtes et rapides. Comment appelle-t-on ce procédé ? Quel effet produit-il ? (2,5 pts)
5. « Un journal, on peut le fermer. Une idée, non. » Identifiez la figure de style et expliquez ce qu'Élara veut dire. (2,5 pts)
6. Quel rôle jouent les didascalies dans cette scène ? Appuyez votre réponse sur deux exemples précis. (3 pts)
7. En quoi cette scène fait-elle penser au mythe d'Antigone ? Vous comparerez la situation d'Élara à celle d'Antigone en vous appuyant sur le texte et sur vos connaissances. (6 pts)
1. Élara est une jeune femme qui a distribué des tracts pour protester contre la fermeture d'un journal dans sa ville. Elle est convoquée par le Préfet, qui représente le pouvoir, pour répondre de ses actes. Le Préfet la menace implicitement d'expulsion.
2. Le Préfet cherche à décourager Élara par deux arguments. D'abord, il minimise son action en la présentant comme futile : « quelques feuilles de papier distribuées au coin d'une rue » ne changeront rien. Ensuite, il invoque son expérience : il a « vu passer plus d'idéalistes » qu'elle ne lira de livres, et tous « ont fini par se taire ». Sa stratégie est de présenter la résignation comme de la sagesse : il se dit « réaliste ».
3. La scène se termine par le départ d'Élara après une dernière réplique tranchante. La dernière didascalie — « Le Préfet reste seul, le dossier ouvert devant lui. Il ne le lit pas » — montre que les paroles d'Élara l'ont ébranlé. S'il ne lit pas le dossier, c'est que son esprit est ailleurs : les mots d'Élara résonnent en lui. Le silence final suggère un doute chez le Préfet, peut-être même une remise en question.
4. Le passage « — Et vous en êtes fier ? / — Je suis réaliste. / — Vous êtes fatigué. Ce n'est pas la même chose. » est un exemple de stichomythie : des répliques très courtes qui s'enchaînent rapidement. Ce procédé crée un effet de tension et d'affrontement verbal. Les deux personnages se répondent du tac au tac, comme dans un duel. L'échange est incisif : chaque réplique est une attaque ou une riposte, sans mots inutiles.
5. « Un journal, on peut le fermer. Une idée, non. » est une antithèse : Élara oppose ce qui est matériel et destructible (le journal) à ce qui est immatériel et indestructible (l'idée). Elle veut dire que le pouvoir peut censurer un support (fermer un journal, confisquer des tracts), mais il ne peut pas empêcher les gens de penser. L'idée de liberté survit à sa répression. C'est un argument fort qui retourne la certitude du Préfet contre lui.
6. Les didascalies jouent un rôle essentiel : elles révèlent ce que les mots ne disent pas.
Premier exemple : « feuilletant un dossier sans lever les yeux » montre que le Préfet refuse d'abord de regarder Élara en face. C'est une marque de mépris ou de supériorité : il traite l'affaire comme une formalité administrative, pas comme un échange entre deux personnes. Quand il « la regarde pour la première fois », c'est qu'Élara a réussi à capter son attention — elle n'est plus un dossier, elle est une adversaire.
Deuxième exemple : « un silence » après la question « Et vous en êtes fier ? » montre que le Préfet est déstabilisé. Il n'a pas de réponse immédiate. Ce silence dit plus que n'importe quelle réplique : Élara a touché un point sensible.
7. Cette scène rappelle le mythe d'Antigone à plusieurs niveaux. Comme Antigone face à Créon, Élara est un individu qui affronte le pouvoir au nom de ses convictions. Antigone défie l'édit de Créon qui interdit d'enterrer son frère, parce qu'elle considère que la loi morale est supérieure à la loi de l'État. De la même manière, Élara défie le Préfet en distribuant des tracts après la fermeture d'un journal, parce qu'elle considère que la liberté d'expression est un droit supérieur aux décisions du pouvoir.
Le Préfet, comme Créon, se présente comme un homme d'ordre, « réaliste », qui fait ce qu'il faut pour maintenir la stabilité. Élara, comme Antigone, refuse ce réalisme qu'elle voit comme de la lâcheté : « Vous êtes fatigué. Ce n'est pas la même chose. » Dans les deux cas, le personnage au pouvoir est ébranlé par la détermination de celle qui lui résiste — la dernière didascalie de notre scène, où le Préfet reste seul et ne lit pas le dossier, rappelle les moments où Créon doute après ses échanges avec Antigone.
Enfin, comme dans la réécriture d'Anouilh (1944), où Antigone représente la résistance face au pouvoir autoritaire sous l'Occupation, la scène pose une question intemporelle : a-t-on le droit — le devoir — de désobéir quand le pouvoir est injuste ? Le théâtre, ici comme chez Sophocle et Anouilh, relie un conflit du présent à une question éternelle.
Ce texte est un article d'opinion publié dans un journal, dans lequel l'auteur réagit à la fermeture d'une bibliothèque municipale dans un quartier populaire.
On a fermé la bibliothèque du quartier des Lilas. Comme ça, sans bruit, entre deux délibérations du conseil municipal, comme on ferme un robinet. Motif invoqué : « rationalisation budgétaire ». Traduction : ce lieu ne rapporte rien, donc il ne vaut rien. Je voudrais qu'on m'explique. On a dépensé des milliers d'euros pour refaire l'éclairage de la place centrale — très réussi, d'ailleurs, les touristes pourront admirer les façades en sirotant leur café. Mais la bibliothèque, qui faisait lire des enfants qui n'avaient pas de livres chez eux, la bibliothèque où des adolescents venaient faire leurs devoirs au chaud, la bibliothèque où des retraités trouvaient un peu de compagnie et des journaux du jour — cette bibliothèque-là, on n'a pas trouvé de quoi la sauver. Ce n'est pas seulement un bâtiment qu'on a fermé. C'est une promesse. La promesse que le savoir est un droit, pas un privilège. La promesse que, quel que soit le quartier où l'on naît, on a accès aux mêmes mots, aux mêmes histoires, aux mêmes possibilités d'apprendre et de rêver. Fermer une bibliothèque dans un quartier populaire, c'est dire aux habitants : vous n'en avez pas besoin. C'est dire aux enfants : les livres, ce n'est pas pour vous. On objectera que tout est en ligne désormais, qu'il suffit d'un écran. Certes. Mais un écran ne remplace pas un lieu. Un écran ne vous dit pas bonjour, ne vous recommande pas un roman, ne vous installe pas dans un fauteuil à côté d'un autre être humain qui lit en silence. Un écran ne crée pas de lien. Il est encore temps de revenir sur cette décision. Les habitants des Lilas n'ont pas besoin de façades illuminées. Ils ont besoin de pages.
1. Quel événement provoque la réaction de l'auteur ? (1,5 pt)
2. À quoi servait la bibliothèque pour les habitants du quartier ? Relevez trois fonctions différentes mentionnées dans le texte. (2,5 pts)
3. Quel argument les autorités avancent-elles pour justifier la fermeture ? Comment l'auteur « traduit »-il cet argument ? (2 pts)
4. « Comme on ferme un robinet » (l. 2) : identifiez la figure de style et expliquez son effet. (2 pts)
5. Dans le quatrième paragraphe, l'auteur utilise une anaphore. Relevez-la et expliquez son effet. (2,5 pts)
6. « Ils ont besoin de pages. » Quelle figure de style reconnaissez-vous ? Quel est l'effet produit par cette phrase en conclusion du texte ? (2 pts)
7. Identifiez le registre dominant de ce texte. Justifiez votre réponse en vous appuyant sur deux procédés d'écriture. (1,5 pt)
8. Ce texte relève-t-il du journalisme ou de la littérature ? Vous montrerez, en vous appuyant sur le texte, qu'il se situe à la frontière des deux. (3 pts)
9. En quoi ce texte défend-il des « valeurs humanistes » ? Quelles valeurs sont en jeu ? (3 pts)
1. L'auteur réagit à la fermeture de la bibliothèque municipale du quartier des Lilas, décidée par le conseil municipal pour des raisons budgétaires.
2. La bibliothèque remplissait trois fonctions pour les habitants : elle « faisait lire des enfants qui n'avaient pas de livres chez eux » (accès à la lecture pour les plus défavorisés), elle accueillait « des adolescents [qui] venaient faire leurs devoirs au chaud » (lieu d'étude et de refuge), et « des retraités [y] trouvaient un peu de compagnie et des journaux du jour » (lien social pour les personnes isolées).
3. Les autorités avancent la « rationalisation budgétaire ». L'auteur traduit cet argument par : « ce lieu ne rapporte rien, donc il ne vaut rien ». Cette traduction révèle la logique purement économique derrière la décision : la bibliothèque est jugée uniquement en termes de rentabilité financière, sans considération pour sa valeur sociale et culturelle.
4. « Comme on ferme un robinet » est une comparaison. La fermeture de la bibliothèque est comparée à un geste banal, mécanique, quotidien. L'effet produit est double : d'une part, il souligne l'indifférence des décideurs, qui traitent un lieu de culture comme un objet utilitaire ; d'autre part, il crée un contraste entre la banalité du geste et la gravité de ses conséquences, ce qui renforce l'indignation du lecteur.
5. L'anaphore est la répétition de « Un écran ne » : « Un écran ne vous dit pas bonjour, ne vous recommande pas un roman, ne vous installe pas dans un fauteuil ». Ce procédé produit un effet de martèlement : chaque répétition ajoute un argument contre l'idée que le numérique peut remplacer la bibliothèque. L'accumulation des choses qu'un écran « ne fait pas » rend concrète et sensible la perte humaine que représente la fermeture. L'anaphore crée aussi un rythme insistant qui traduit la conviction de l'auteur.
6. « Ils ont besoin de pages » est une métonymie : « pages » remplace « livres » (la partie pour le tout), et plus largement, les « pages » désignent l'accès à la culture, au savoir, à l'imaginaire. En conclusion du texte, cette phrase courte et percutante crée un effet de chute : après toute l'argumentation, l'auteur résume son message en une formule frappante, facile à retenir. L'opposition implicite avec les « façades illuminées » de la phrase précédente renforce le contraste entre les priorités des élus (l'apparence) et les besoins réels des habitants (la culture).
7. Le registre dominant est le registre polémique : l'auteur attaque une décision qu'il juge injuste et cherche à provoquer l'indignation du lecteur. Deux procédés le confirment : l'ironie (« très réussi, d'ailleurs, les touristes pourront admirer les façades en sirotant leur café » — l'auteur fait semblant d'approuver pour mieux critiquer) et les questions rhétoriques implicites dans la structure du texte (« Je voudrais qu'on m'explique » — l'auteur sait qu'il n'y a pas d'explication satisfaisante, la question est une forme de dénonciation).
8. Ce texte se situe à la frontière entre journalisme et littérature.
Du côté du journalisme : il réagit à un fait d'actualité (la fermeture d'une bibliothèque), il informe le lecteur (le motif budgétaire, la décision du conseil municipal), et il prend position publiquement — c'est une tribune ou un article d'opinion, forme typiquement journalistique.
Du côté de la littérature : l'écriture dépasse le simple compte rendu. L'auteur utilise des figures de style (comparaison, anaphore, métonymie), un rythme travaillé (phrases courtes percutantes alternant avec des énumérations amples), et un registre qui mêle ironie et émotion. Le texte ne se contente pas d'informer : il cherche à toucher le lecteur, à lui faire ressentir la perte, exactement comme le ferait un écrivain.
C'est cette rencontre entre le fait brut et la qualité de l'écriture qui caractérise l'écriture engagée, à la croisée du journalisme et de la littérature — comme chez Zola, Albert Londres ou Florence Aubenas.
9. Ce texte défend plusieurs valeurs humanistes fondamentales. D'abord, l'égalité d'accès au savoir : la bibliothèque est présentée comme « la promesse que le savoir est un droit, pas un privilège ». Fermer ce lieu, c'est creuser les inégalités entre les quartiers. Ensuite, la dignité des habitants : l'auteur refuse qu'on dise aux enfants « les livres, ce n'est pas pour vous ». Enfin, le lien social : la bibliothèque est décrite comme un lieu de rencontre humaine, irremplaçable par un écran. L'auteur défend l'idée que la culture et l'accès au savoir sont des droits essentiels qui fondent la vie en commun — des valeurs au cœur de l'humanisme, de la Renaissance à nos jours.
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