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Consigne générale : pour chaque sujet, commence par analyser la consigne (5 min), puis construis ton plan au brouillon (10 min), rédige (55-65 min) et relis (10 min). Après ta rédaction, compare avec le corrigé proposé : il ne s'agit pas de produire le même texte, mais de vérifier que ta méthode et ta structure sont solides.
Un personnage revient dans un lieu qui a profondément changé depuis la dernière fois qu'il l'a vu. Ce retour fait naître en lui des souvenirs et des émotions.
Rédigez ce récit à la première personne, en utilisant la focalisation interne. Vous veillerez à alterner narration et description, et à exprimer les émotions du personnage à travers des détails concrets.
Votre texte fera au moins deux pages.
| Élément | Ce qu'on me demande |
|---|---|
| Forme | Récit à la 1re personne (« je ») |
| Point de vue | Focalisation interne (pensées, sensations, émotions du personnage) |
| Situation | Retour dans un lieu transformé → souvenirs + émotions |
| Contraintes d'écriture | Alterner narration (actions) et description (le lieu) ; exprimer les émotions par des détails concrets (pas seulement « j'étais triste ») |
| Longueur | Au moins 2 pages |
J'ai poussé la grille. Elle n'a pas grincé — on avait changé les gonds, remplacé le fer rouillé par un métal lisse et silencieux. C'était le premier signe. Le jardin de mon grand-père ne commençait plus par ce cri de ferraille qui annonçait à toute la maison qu'un visiteur arrivait.
L'allée de gravier avait disparu. À sa place, des dalles grises, régulières, impeccables. Les rosiers aussi avaient disparu — ceux que mon grand-père taillait chaque printemps avec une lenteur méticuleuse, son sécateur dans une main, sa cigarette dans l'autre. Il disait qu'un rosier, ça se taille comme on écoute quelqu'un : sans se presser, en faisant attention. Les nouveaux propriétaires avaient planté des buis. C'était propre, symétrique, sans surprise. Un jardin qui ne racontait rien.
J'ai avancé jusqu'au fond, là où le cerisier devait se trouver. Il était encore là. Pas le même, bien sûr — celui de mon enfance avait été abattu, je le savais. Mais un autre avait été planté, plus jeune, plus droit, avec ce tronc lisse qui n'avait encore connu ni le gel ni les entailles. J'ai posé ma main sur l'écorce. Elle était tiède sous le soleil de septembre. J'ai fermé les yeux, et pendant une seconde, j'ai eu sept ans. J'étais accroché aux branches basses, les genoux écorchés, les doigts poisseux de jus rouge. Mon grand-père, en bas, me criait de descendre. Je ne descendais jamais assez vite à son goût.
J'ai rouvert les yeux. Le soleil n'avait pas bougé, mais le monde, si. La maison, derrière moi, avait été repeinte en blanc. Les volets verts que je connaissais — ce vert sombre, un peu passé, que ma grand-mère appelait « vert forêt » avec une fierté inexplicable — avaient été remplacés par des volets gris clair. Même les murs semblaient plus hauts, ou peut-être était-ce moi qui avais grandi. La fenêtre de la cuisine, celle d'où montait l'odeur du café le dimanche matin, avait été condamnée pour installer une baie vitrée. De la lumière, sans doute. Mais la lumière n'a pas d'odeur.
Je me suis assis sur le muret, au fond du jardin. C'était le même muret — les pierres n'avaient pas changé, elles portaient encore la mousse que je grattais du bout des doigts quand je m'ennuyais. J'ai regardé la maison en face de moi, cette maison que je ne reconnaissais plus. J'ai pensé à toutes les choses qui avaient existé entre ces murs et qui n'existaient plus nulle part : la voix de ma grand-mère dans l'escalier, le bruit de la radio le matin, le grincement du parquet devant la chambre du fond. Des sons que personne n'avait enregistrés. Des gestes que personne n'avait filmés. Tout cela n'était plus que dans ma mémoire — fragile, incertaine, déjà un peu floue.
Je me suis levé. Le vent faisait bouger les feuilles du cerisier, un bruit doux, presque rassurant. J'ai marché jusqu'à la grille et je l'ai refermée derrière moi, sans bruit. En partant, je me suis promis une chose : je reviendrais, mais avec un carnet. Ce que les murs ne gardent plus, les mots le peuvent.
Écrivez une scène de théâtre dans laquelle un personnage tente de convaincre un groupe de personnes de défendre une cause juste, mais se heurte à leur indifférence ou à leur peur.
Votre scène comportera au moins trois personnages, des didascalies et un dialogue argumenté. Vous utiliserez des procédés de persuasion variés (questions rhétoriques, anaphores, appel aux émotions…).
Votre texte fera au moins une page et demie.
La scène se déroule dans une salle de réunion d'un centre communal. Des chaises sont disposées en demi-cercle. Une dizaine de personnes sont assises. Nour, debout face à elles, tient une feuille à la main.
NOUR, posant la feuille sur la table derrière elle. — Je ne vais pas lire un discours. Je vais vous parler. (Un silence.) Vous savez tous pourquoi nous sommes ici. La mairie a décidé de fermer le centre d'accueil de jour. Celui où les familles viennent chercher de l'aide, des repas, un peu de chaleur. Celui où Mme Benali a appris à lire à cinquante-trois ans. Celui où mon petit frère a été aidé pour ses devoirs tout l'hiver dernier quand notre chauffage était en panne.
M. GARNIER, croisant les bras. — On sait tout ça, Nour. Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ? C'est décidé.
NOUR — Décidé par qui ? Par des gens qui n'ont jamais mis les pieds ici. Décidé pour qui ? Pas pour nous. Décidé comment ? Sans nous demander notre avis.
MME LEPAGE, à mi-voix, tournée vers son voisin. — Elle a du courage, mais ça ne changera rien…
NOUR, se tournant vers elle. — Vous avez raison, madame. Ça ne changera rien si personne ne dit rien. C'est exactement comme ça que les choses ne changent jamais. Quelqu'un décide, les autres se taisent, et ensuite tout le monde dit : « C'était décidé. » (Elle fait un pas en avant.) Mais qui a décidé que nous devions nous taire ?
Un murmure parcourt la salle.
M. GARNIER — Écoute, c'est pas qu'on s'en fiche. Mais si on signe ta pétition, on va avoir des ennuis. Moi, j'ai mon commerce en face de la mairie. Tu comprends ?
NOUR — Je comprends. Vous avez peur. (Doucement.) Je ne vous juge pas. Moi aussi, j'ai peur. J'ai peur de prendre la parole devant vous, j'ai peur qu'on me dise que je suis naïve, j'ai peur qu'on rie de moi. Mais j'ai encore plus peur de me taire. Parce que si je me tais aujourd'hui, demain on fermera autre chose, et après-demain encore autre chose, et un jour on se retrouvera dans un quartier où il n'y aura plus rien — plus de centre, plus de bibliothèque, plus de lieu où les gens se croisent et se parlent.
Silence. Mme Lepage baisse les yeux. M. Garnier décroise les bras.
UNE VOIX AU FOND DE LA SALLE — Qu'est-ce qu'il faut faire ?
NOUR, un sourire. — Signer. Parler. Refuser que ce soit « décidé ».
Elle tend la feuille. Personne ne bouge pendant quelques secondes. Puis Mme Lepage se lève, lentement, et s'approche de la table.
Pensez-vous que les mots puissent avoir un véritable pouvoir d'action sur le monde ?
Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté et organisé. Vous vous appuierez sur les textes étudiés en classe, vos lectures personnelles et votre expérience.
Votre texte fera au moins une page et demie.
Introduction : les mots semblent fragiles face aux injustices du monde — et pourtant, de nombreux écrivains et journalistes ont changé les choses par l'écriture. Les mots ont-ils un vrai pouvoir d'action ?
I. Oui, les mots ont un pouvoir d'action concret
II. Mais ce pouvoir a des limites
Conclusion : les mots ne sont pas tout-puissants, mais ils sont indispensables. Ils sont le premier pas de tout changement. Ouverture : à l'ère des réseaux sociaux, cette question prend une dimension nouvelle.
Face à l'injustice, face à la violence, face à l'indifférence, que peuvent les mots ? Ils ne sont que des signes tracés sur du papier ou affichés sur un écran — fragiles, éphémères, si faciles à ignorer. Et pourtant, depuis des siècles, des hommes et des femmes ont pris la plume en croyant que leurs mots pouvaient transformer le réel. Avaient-ils raison ? Les mots ont-ils un véritable pouvoir d'action sur le monde ? Si l'écriture engagée a prouvé à maintes reprises sa capacité à ébranler les consciences et à provoquer des changements concrets, il serait naïf d'ignorer les limites de ce pouvoir.
L'histoire montre d'abord que les mots peuvent avoir des conséquences très concrètes. En 1898, Émile Zola publie « J'accuse » dans le journal L'Aurore pour dénoncer la condamnation injuste du capitaine Dreyfus. Cette lettre ouverte, par la force de son argumentation et la notoriété de son auteur, relance une affaire que beaucoup voulaient enterrer. Elle divise l'opinion, provoque des manifestations et contribue finalement à la révision du procès. Un texte, publié un matin dans un journal, a changé le cours de la justice. C'est la preuve que les mots, au bon moment et portés par la bonne voix, peuvent agir sur le réel.
De plus, l'écriture a le pouvoir de rendre visible ce que le monde refuse de voir. Albert Londres, journaliste au début du XXe siècle, se rendait dans les lieux que personne ne visitait — les bagnes, les asiles, les quartiers oubliés — et racontait ce qu'il y trouvait. Ses reportages sur le bagne de Cayenne ont provoqué un tel scandale que les autorités ont fini par le fermer. En montrant par les mots une réalité cachée, le journaliste a forcé la société à ouvrir les yeux et à agir. L'écriture devient alors un outil de justice : elle oblige le lecteur à regarder ce qu'il préférait ignorer.
Enfin, même lorsqu'ils ne provoquent pas de changement immédiat, les mots éveillent les consciences sur le long terme. Victor Hugo a dénoncé la misère, la peine de mort et l'injustice sociale dans ses romans et ses discours tout au long du XIXe siècle. Si ces textes n'ont pas aboli la pauvreté, ils ont profondément marqué les esprits et nourri les combats sociaux des générations suivantes. Un grand texte ne meurt pas : il continue de toucher des lecteurs bien après sa publication.
Cependant, il serait excessif de croire que les mots suffisent à changer le monde. L'écriture de Zola, aussi puissante soit-elle, n'aurait rien changé sans le mouvement dreyfusard, sans les avocats, les manifestants, la presse qui a relayé son combat. Les mots sont une étincelle, mais il faut du bois pour que le feu prenne. Par ailleurs, le pouvoir peut étouffer la parole : des écrivains ont été emprisonnés, des journaux fermés, des livres brûlés. La censure rappelle que les mots ne triomphent pas toujours — du moins pas tout de suite. Toutefois, même censurés, les textes survivent souvent à ceux qui les interdisent : les idées, comme le dit un personnage de théâtre, ne se ferment pas comme on ferme un journal.
En définitive, les mots ne sont pas tout-puissants, mais ils sont indispensables. Ils sont le premier geste de tout changement : avant d'agir, il faut nommer l'injustice, la rendre visible, la faire entendre. L'écriture ne remplace pas l'action, mais elle la rend possible en transformant les consciences. À l'heure où chacun peut publier et partager ses mots en quelques secondes sur les réseaux sociaux, cette question prend une dimension nouvelle : si le pouvoir des mots est plus accessible que jamais, la responsabilité de ceux qui les utilisent l'est aussi.
La littérature nous permet-elle de mieux comprendre les autres et le monde qui nous entoure ?
Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté et organisé. Vous vous appuierez sur les textes étudiés en classe, vos lectures personnelles et votre expérience.
Votre texte fera au moins une page et demie.
Introduction : nous vivons dans notre propre monde, avec nos habitudes et nos certitudes. La littérature — romans, poèmes, pièces de théâtre — peut-elle nous aider à en sortir pour mieux comprendre les autres ?
I. La littérature nous fait voir le monde à travers d'autres yeux
II. La littérature nous confronte à des questions que nous n'aurions pas posées seuls
III. Nuance : la littérature ne suffit pas, mais elle prépare le terrain
Conclusion : la littérature est une école d'empathie et de curiosité. Elle ne nous donne pas toutes les réponses, mais elle nous apprend à poser les bonnes questions. Ouverture : c'est peut-être la raison pour laquelle on continue d'enseigner la littérature à l'école.
Nous passons l'essentiel de notre vie enfermés dans notre propre point de vue. Nous voyons le monde depuis notre quartier, notre famille, notre histoire. Mais il arrive qu'un livre nous arrache à cette perspective limitée et nous fasse voir, pendant quelques heures, à travers les yeux d'un autre. La littérature — romans, poèmes, pièces de théâtre — a-t-elle vraiment ce pouvoir de nous aider à comprendre les autres et le monde ? En nous plaçant au cœur d'expériences différentes des nôtres et en nous confrontant à des questions essentielles, la littérature est sans doute l'un des outils les plus puissants dont nous disposons pour élargir notre vision du monde.
La littérature nous fait d'abord voir le monde à travers d'autres yeux. Quand un romancier utilise la focalisation interne, il nous place dans la conscience d'un personnage : nous percevons ses sensations, ses pensées, ses peurs. Dans les romans réalistes de Zola, le lecteur bourgeois du XIXe siècle découvrait, parfois avec stupeur, le quotidien des mineurs ou des ouvriers. La fiction crée ainsi une expérience de substitution : sans quitter notre fauteuil, nous vivons une vie qui n'est pas la nôtre. Cette expérience développe l'empathie — la capacité à se mettre à la place de l'autre — bien plus efficacement qu'un discours abstrait sur la solidarité.
La poésie, de son côté, accomplit un travail différent mais tout aussi précieux. Un poème d'amour naît d'une expérience strictement personnelle — un visage, un moment, une émotion que le poète est seul à connaître. Et pourtant, en le lisant, chacun y reconnaît quelque chose de ses propres sentiments. Quand Aragon célèbre Elsa, ce n'est pas seulement son amour qu'il exprime : c'est l'amour tel que tout être humain peut le ressentir. La poésie transforme le singulier en universel. Elle nous montre que, malgré nos différences, nous partageons les mêmes émotions fondamentales.
Par ailleurs, la littérature nous confronte à des questions que nous n'aurions peut-être jamais posées seuls. Au théâtre, le conflit est au cœur de chaque scène. L'Antigone d'Anouilh, écrite en 1944 pendant l'Occupation, place le spectateur face à un dilemme : faut-il obéir à la loi quand elle est injuste, ou risquer sa vie pour défendre ce que l'on croit juste ? Ce n'est pas une question théorique — c'est une question que des milliers de personnes ont dû affronter dans l'histoire. Le théâtre nous oblige à y réfléchir avant d'y être confrontés, et cela change notre regard sur le monde et sur nous-mêmes.
Certes, il serait exagéré d'affirmer que la littérature transforme tous ses lecteurs. On peut lire un roman magnifique et refermer le livre sans avoir changé. Tout dépend de la disposition du lecteur, de sa curiosité, de sa capacité à se laisser toucher. Cependant, même quand l'effet n'est pas immédiat, la littérature dépose en nous des images, des voix, des questions qui peuvent resurgir bien plus tard. Un personnage croisé dans un roman peut nous revenir en mémoire des années après, au moment où nous en avons besoin. La littérature ne remplace pas l'expérience directe du monde, mais elle prépare notre regard à mieux le recevoir.
En définitive, la littérature est une école d'empathie, de curiosité et de réflexion. Elle ne nous donne pas toutes les réponses, mais elle nous apprend à poser les bonnes questions — sur les autres, sur la société, sur nous-mêmes. C'est peut-être la raison pour laquelle, siècle après siècle, on continue de lire des romans, de réciter des poèmes et de jouer des pièces de théâtre : parce que comprendre le monde commence toujours par écouter une voix qui n'est pas la nôtre.
| Sujet | Type | Thématique | Compétences travaillées |
|---|---|---|---|
| 1 | Invention | Roman et réel | Focalisation interne, alternance narration/description, émotions par le détail concret, temps du récit |
| 2 | Invention | Théâtre et Cité | Dialogue argumenté, didascalies, procédés de persuasion, conflit scénique |
| 3 | Réflexion | Écriture engagée | Plan « Oui, mais », structure A.E.E., exemples littéraires (Zola, Londres, Hugo), connecteurs |
| 4 | Réflexion | Poésie et théâtre | Plan thématique, exemples variés (roman, poésie, théâtre), nuance, ouverture |
Exercices produits à partir des cours KlarIA Français 3ème — klaria.net
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