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Dans les deux chapitres précédents, tu as appris à décrire un mouvement (trajectoire, vitesse) et à identifier les forces qui s'exercent sur un système. Ce chapitre fait le lien entre les deux : il répond à la question fondamentale de la mécanique — quel est le lien entre les forces appliquées à un objet et son mouvement ?
La réponse est donnée par le principe d'inertie, formulé par Newton au XVIIe siècle. Ce principe, aussi simple que puissant, permet de déduire des informations sur le mouvement à partir des forces, ou inversement.
Le point matériel est un modèle dans lequel on assimile le système étudié à un point géométrique auquel on attribue la masse totale du système. Toutes les forces sont considérées comme s'appliquant en ce point.
Ce modèle est pertinent lorsque les dimensions du système sont négligeables devant les distances caractéristiques du mouvement (par exemple, une balle de tennis est un bon point matériel pour étudier sa trajectoire dans un stade, mais pas pour étudier sa rotation sur elle-même).
Le modèle du point matériel simplifie considérablement l'étude du mouvement : on n'a plus à se soucier de la forme, de la taille ou de la rotation de l'objet. On se concentre uniquement sur le mouvement de translation de son centre.
Principe d'inertie (première loi de Newton) : dans un référentiel approprié (appelé référentiel galiléen), un système modélisé par un point matériel est soit immobile, soit en mouvement rectiligne uniforme si et seulement si les forces qui s'exercent sur lui se compensent (leur somme vectorielle est nulle).
En écriture mathématique :
Le principe d'inertie contient deux implications qu'on peut utiliser dans les deux sens :
Sens direct : si les forces se compensent (), alors le système est immobile ou en mouvement rectiligne uniforme.
Contraposée : si le système n'est pas immobile et n'est pas en mouvement rectiligne uniforme (c'est-à-dire s'il accélère, ralentit ou change de direction), alors les forces ne se compensent pas ().
Attention à l'idée reçue : le principe d'inertie affirme qu'un objet en mouvement rectiligne uniforme peut continuer à avancer sans qu'aucune force ne le pousse. C'est contre-intuitif (on a l'impression qu'il « faut une force pour avancer »), mais c'est parce qu'en pratique, les frottements s'opposent toujours au mouvement. Sans frottements, un objet lancé continuerait indéfiniment en ligne droite à la même vitesse.
Un objet est immobile dans un référentiel. D'après le principe d'inertie, les forces qui s'exercent sur lui se compensent.
Exemple : un livre posé sur une table est immobile dans le référentiel terrestre. Les forces qui s'exercent sur lui sont le poids (vers le bas) et la réaction du support (vers le haut). D'après le principe d'inertie : , soit R = P = mg.
Un objet est en mouvement rectiligne uniforme. D'après le principe d'inertie, les forces qui s'exercent sur lui se compensent.
Exemple : un patineur glisse en ligne droite à vitesse constante sur une patinoire (frottements négligeables). Les forces qui s'exercent sur lui (poids et réaction de la glace) se compensent. Aucune force horizontale n'est nécessaire pour maintenir le mouvement.
Exemple : une voiture roule à 90 km/h en ligne droite sur autoroute. Si le mouvement est rectiligne uniforme, les forces se compensent : la force motrice (poussée du moteur) compense exactement les forces de frottement (air, route). La voiture n'accélère pas, les forces sont en équilibre.
Si le mouvement n'est pas rectiligne uniforme, on en déduit que les forces ne se compensent pas.
Exemple : une balle lancée verticalement vers le haut ralentit, s'arrête, puis redescend en accélérant. Le mouvement n'est ni rectiligne uniforme ni immobile de façon permanente. D'après la contraposée du principe d'inertie : les forces ne se compensent pas. En effet, seul le poids s'exerce (en négligeant les frottements de l'air), et il n'est compensé par rien.
Exemple : un satellite en orbite circulaire autour de la Terre a une vitesse de norme constante mais dont la direction change continuellement (trajectoire circulaire). Le mouvement n'est pas rectiligne → les forces ne se compensent pas. La force gravitationnelle (non compensée) est responsable du changement de direction.
Quand les forces ne se compensent pas (), le vecteur vitesse varie entre deux instants voisins. La variation du vecteur vitesse a la même direction et le même sens que la somme des forces.
Règle fondamentale : la somme des forces exercées sur un système est dans la même direction et le même sens que la variation du vecteur vitesse.
La chute libre est le mouvement d'un objet soumis uniquement à son poids (on néglige les frottements de l'air et toute autre force).
La seule force est le poids : .
Puisque , le vecteur vitesse varie. La variation est dans le même sens que , c'est-à-dire verticale et dirigée vers le bas.
Chute libre sans vitesse initiale (objet lâché) :
L'objet part du repos (). Le poids, dirigé vers le bas, crée une variation de vitesse vers le bas. L'objet accélère verticalement vers le bas. La vitesse augmente au cours du temps. Le mouvement est rectiligne vertical accéléré.
Chute libre avec vitesse initiale verticale (objet lancé vers le haut) :
L'objet part avec une vitesse dirigée vers le haut. Le poids, dirigé vers le bas, crée une variation de vitesse vers le bas. La vitesse diminue pendant la montée (le poids s'oppose au mouvement), puis l'objet s'arrête un instant, puis accélère vers le bas pendant la descente.
Le principe d'inertie fournit une méthode de raisonnement systématique :
On connaît le mouvement → on en déduit les forces :
On connaît les forces → on en déduit le mouvement :
Point matériel : modèle où le système est assimilé à un point portant toute la masse. Pertinent quand les dimensions du système sont petites devant les distances du mouvement.
Principe d'inertie : ⟺ immobilité ou mouvement rectiligne uniforme. Contraposée : mouvement non rectiligne uniforme ⟹ .
Variation du vecteur vitesse : quand , le vecteur vitesse varie. est dans la même direction et le même sens que .
Chute libre : seul le poids s'exerce. Le vecteur vitesse varie vers le bas (sens de ). Sans vitesse initiale : chute accélérée vers le bas. Avec vitesse initiale vers le haut : ralentissement, arrêt, puis chute accélérée.
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