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Après la Seconde Guerre mondiale, la France connaît une période de forte croissance économique appelée les Trente Glorieuses (expression de l'économiste Jean Fourastié, désignant les trente années de prospérité de 1945 à 1975). Le pays se modernise : usines, autoroutes, grands ensembles de logements sortent de terre.
En parallèle, la natalité explose : c'est le baby-boom (forte augmentation des naissances entre 1945 et le milieu des années 1960). La population française passe de 40 à 53 millions d'habitants. Exemple : près de 900 000 bébés naissent chaque année au pic du baby-boom, contre 600 000 avant-guerre.
Grâce à la hausse des salaires et au plein emploi, les Français accèdent massivement aux biens matériels : c'est la société de consommation (société dans laquelle l'achat de biens et de loisirs occupe une place centrale dans la vie quotidienne).
Pour faire tourner les usines et reconstruire le pays, la France fait appel à une main-d'œuvre étrangère. Un immigré est une personne née à l'étranger qui s'installe durablement dans un autre pays. Des travailleurs viennent d'Italie, du Portugal, d'Algérie et d'Afrique subsaharienne. Exemple : dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt, les ouvriers immigrés représentent plus d'un tiers des effectifs. Souvent mal logés (bidonvilles, foyers), ils subissent des discriminations.
Les chocs pétroliers (hausses brutales du prix du pétrole en 1973 et 1979) mettent fin aux Trente Glorieuses. Le chômage augmente fortement, l'inflation s'envole, la croissance ralentit. La France entre dans une période de crise durable.
L'originalité de cette période est que les évolutions sociales provoquent des mobilisations citoyennes qui aboutissent à de nouvelles lois. La République adapte son cadre juridique aux transformations de la société.
L'évolution : la jeunesse issue du baby-boom est nombreuse, éduquée (scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans depuis 1959) et rejette l'autorité traditionnelle.
La mobilisation : en mai 1968, étudiants puis ouvriers se révoltent. Le Quartier latin à Paris se couvre de barricades. La grève générale paralyse le pays (10 millions de grévistes). Les jeunes réclament plus de libertés individuelles.
La réponse politique : en 1974, Giscard d'Estaing abaisse la majorité civique à 18 ans (au lieu de 21). Les jeunes deviennent citoyens plus tôt, reconnus comme acteurs à part entière de la démocratie.
L'évolution : malgré le droit de vote (1944), les femmes restent juridiquement soumises à leur mari. Jusqu'en 1965, une femme mariée ne peut pas ouvrir de compte bancaire sans l'accord de son époux.
La mobilisation : le mouvement féministe (mouvement militant pour l'égalité des droits entre femmes et hommes) se structure. En 1967, la loi Neuwirth autorise la contraception. Le MLF (Mouvement de libération des femmes, 1970) porte les revendications dans l'espace public : droit à disposer de son corps, égalité professionnelle, partage des responsabilités familiales.
La réponse politique : en 1975, Simone Veil, ministre de la Santé et rescapée d'Auschwitz, défend courageusement la loi sur l'IVG (interruption volontaire de grossesse) face à une Assemblée largement hostile. La loi est votée grâce au soutien de la gauche. En 1970, l'« autorité paternelle » est remplacée par l'« autorité parentale » ; en 1975, le divorce par consentement mutuel est instauré.
L'évolution : après 1974, l'immigration économique est restreinte face à la crise. Une « deuxième génération » (enfants d'immigrés nés en France) émerge et revendique sa place dans la société, confrontée aux discriminations et au racisme.
La mobilisation : la Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983 (dite « Marche des Beurs ») part de Marseille et arrive à Paris avec 100 000 personnes. L'association SOS Racisme est fondée en 1984.
La réponse politique : le gouvernement crée la carte de séjour de 10 ans (1984) et renforce la lutte contre les discriminations. L'intégration de la population immigrée et de ses enfants devient un enjeu politique central.
L'évolution : la crise économique transforme le chômage en phénomène de masse durable (plus de 2 millions de chômeurs dans les années 1980). De nouveaux « exclus » apparaissent.
La réponse politique : en 1988, le gouvernement crée le RMI (Revenu Minimum d'Insertion), un revenu garanti pour les personnes sans ressources. C'est un nouveau droit social, dans la lignée de l'État-providence né en 1945.
| Évolution sociale | Mobilisation | Réponse politique |
|---|---|---|
| Jeunesse nombreuse et éduquée | Mai 68 (révolte étudiante et ouvrière) | Majorité à 18 ans (1974) |
| Inégalités hommes-femmes | Féminisme, MLF (années 1970) | Loi Veil sur l'IVG (1975), autorité parentale (1970) |
| Immigration et discriminations | Marche de 1983, SOS Racisme | Lutte contre les discriminations |
| Chômage de masse | Exclusion sociale croissante | RMI (1988) |
| Personnage | Qui est-il/elle ? | Rôle dans ce chapitre |
|---|---|---|
| Simone Veil | Ministre de la Santé (1974-1979) | Fait voter la loi sur l'IVG en 1975 |
| Valéry Giscard d'Estaing | Président de la République (1974-1981) | Abaisse la majorité à 18 ans, soutient la loi Veil |
| Jean Fourastié | Économiste | Invente l'expression « Trente Glorieuses » (1979) |
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