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La Terre abrite une extraordinaire variété d'êtres vivants : on estime entre 8 et 10 millions le nombre d'espèces existantes, dont seulement 1,8 million ont été décrites. Mais la biodiversité ne se résume pas à un simple catalogue d'espèces. Elle se manifeste à plusieurs échelles, depuis les différences entre deux individus d'une même espèce jusqu'à la diversité des écosystèmes de la planète.
Ce chapitre t'apprend à distinguer les trois échelles de la biodiversité, à comprendre la notion d'espèce et ses limites, et à découvrir que la diversité entre individus repose sur la variabilité de l'ADN : les mutations et les allèles.
Un écosystème est un ensemble formé par un milieu de vie (le biotope) et les êtres vivants qui l'occupent (la biocénose), en interaction les uns avec les autres et avec leur milieu.
La planète présente une grande diversité d'écosystèmes : forêts tropicales, récifs coralliens, prairies, déserts, zones humides, abysses océaniques… Chaque écosystème possède des conditions physico-chimiques particulières (température, humidité, luminosité, salinité) et abrite une communauté d'espèces adaptées à ces conditions.
Exemple : la forêt amazonienne et la toundra arctique sont deux écosystèmes très différents, chacun abritant des espèces spécifiques qu'on ne retrouve pas dans l'autre.
Au sein de chaque écosystème, on trouve de nombreuses espèces différentes. La diversité spécifique désigne le nombre et la variété des espèces présentes dans un milieu donné.
Cette diversité varie considérablement d'un écosystème à l'autre : un récif corallien peut abriter des milliers d'espèces sur quelques hectares, tandis qu'un désert de sable en compte beaucoup moins.
Au sein d'une même espèce, les individus ne sont pas identiques : ils présentent des variations dans leurs caractères (couleur du pelage, taille, groupe sanguin, résistance à une maladie…). Cette diversité entre individus d'une même espèce est la diversité génétique.
Exemple : chez l'être humain, la couleur des yeux, le groupe sanguin, la capacité à digérer le lactose varient d'un individu à l'autre. Tous ces caractères sont liés à des variations de l'ADN.
Le concept d'espèce est un outil créé par l'être humain pour décrire et classer le vivant. La définition la plus courante repose sur le critère d'interfécondité :
Une espèce regroupe l'ensemble des individus capables de se reproduire entre eux et d'engendrer une descendance viable et fertile.
Viable signifie que la descendance survit. Fertile signifie qu'elle est elle-même capable de se reproduire.
Le cheval et l'âne peuvent se reproduire ensemble et donner naissance à un mulet. Mais le mulet est stérile : il ne peut pas se reproduire. Le cheval et l'âne appartiennent donc à deux espèces différentes, car leur descendance n'est pas fertile.
À l'inverse, un berger allemand et un caniche, malgré leur apparence très différente, peuvent se reproduire et donner une descendance fertile : ils appartiennent à la même espèce (Canis lupus familiaris).
La notion d'espèce, bien qu'utile, a des limites :
À retenir : la notion d'espèce est un concept humain — un outil de classification — et non une réalité figée de la nature. C'est un modèle imparfait mais très utile.
Le phénotype est l'ensemble des caractères observables d'un individu (morphologiques, physiologiques, comportementaux). Au sein d'une même espèce, les individus présentent une grande variabilité phénotypique.
Exemples : chez la coccinelle à sept points, la taille et le nombre exact de points varient légèrement d'un individu à l'autre. Chez l'être humain, la couleur de la peau, la taille, le groupe sanguin varient.
Cette variabilité a deux origines principales :
La diversité génétique repose sur le fait qu'un même gène peut exister sous plusieurs versions appelées allèles. Les allèles d'un gène diffèrent par leur séquence de nucléotides (un ou plusieurs nucléotides sont différents).
Exemple : le gène qui détermine le groupe sanguin ABO existe sous trois allèles principaux : l'allèle A, l'allèle B et l'allèle O. La combinaison des deux allèles portés par un individu (un hérité de chaque parent) détermine son groupe sanguin.
Au sein d'une population (ensemble d'individus d'une même espèce vivant dans un même lieu), plusieurs allèles d'un même gène coexistent. C'est cette coexistence d'allèles différents qui constitue la diversité génétique de la population.
Les différents allèles d'un gène sont issus de mutations survenues au cours des générations. Une mutation est une modification de la séquence de nucléotides de l'ADN.
Les mutations sont des événements :
Point clé : la mutation est le moteur de la diversité génétique. Sans mutations, tous les individus d'une espèce seraient génétiquement identiques.
Pour quantifier la diversité génétique, on peut comparer les séquences de nucléotides d'un même gène chez différents individus. Plus les séquences diffèrent, plus la diversité génétique est grande.
Cette comparaison peut se faire :
Outil numérique : des logiciels de comparaison de séquences permettent d'aligner les séquences de nucléotides et de compter les différences. Le pourcentage de similitude est un indicateur de la proximité génétique.
La biodiversité peut aussi se mesurer par l'observation directe sur le terrain :
Biodiversité : diversité du vivant, observée à trois échelles emboîtées — diversité des écosystèmes, diversité des espèces (diversité spécifique), diversité des individus au sein d'une espèce (diversité génétique).
Espèce : concept humain. Critère principal : les individus d'une même espèce peuvent se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et fertile. Ce critère a des limites (reproduction asexuée, hybrides fertiles).
Diversité génétique : au sein d'une espèce, les individus diffèrent par leurs allèles (versions différentes d'un même gène). Les allèles diffèrent par leur séquence de nucléotides.
Mutation : modification aléatoire de la séquence d'ADN. Les mutations sont rares, aléatoires, et peuvent être héréditaires. Elles sont à l'origine de tous les allèles et donc de toute la diversité génétique.
Mesurer la biodiversité : on peut comparer des séquences d'ADN pour quantifier la variabilité allélique au sein d'une espèce ou entre espèces. Sur le terrain, des inventaires et des protocoles d'échantillonnage permettent de décrire la biodiversité.
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