Depuis le collège, tu connais plusieurs ensembles de nombres. Chacun inclut le précédent.
Ensemble
Nom
Exemples
Définition
N
Entiers naturels
0;3;42
Nombres entiers positifs
Z
Entiers relatifs
−5;0;7
Entiers positifs ou négatifs
D
Décimaux
0,5;−3,14
Nombres de la forme 10na, avec a∈Z, n∈N
Q
Rationnels
31;−47
Nombres de la forme ba, avec a∈Z, b∈Z∗
R
Réels
2;π;−3
Tous les nombres sur la droite numérique
On a la chaîne d'inclusions :
N⊂Z⊂D⊂Q⊂R
Chaque ensemble contient tous les nombres du précédent, plus de nouveaux nombres :
Z ajoute les négatifs à N
D ajoute les nombres à virgule finie à Z
Q ajoute les fractions à développement périodique (comme 31=0,333...)
R ajoute les nombres irrationnels (comme 2, π)
1.2 L'ensemble R et la droite numérique
L'ensemble R des nombres réels est l'ensemble de tous les nombres qui peuvent être placés sur une droite graduée. À chaque point de la droite correspond un unique nombre réel, et réciproquement.
C'est la propriété de complétude de R : contrairement à Q, la droite des réels n'a aucun « trou ». Par exemple, le point correspondant à 2 existe bien sur la droite, même si 2∈/Q.
1.3 Nombres rationnels
Un nombre rationnel est un nombre qui peut s'écrire sous la forme ba avec a∈Z et b∈Z∗ (c'est-à-dire b=0).
Critère de reconnaissance : un nombre est rationnel si et seulement si son développement décimal est fini ou périodique (un motif qui se répète indéfiniment).
Exemples :
43=0,75 → développement décimal fini → rationnel
31=0,333... → développement décimal périodique (période : 3) → rationnel
71=0,142857142857... → développement décimal périodique (période : 142857) → rationnel
5=15 → tout entier est rationnel
1.4 Nombres irrationnels
Un nombre irrationnel est un nombre réel qui n'est pas rationnel : il ne peut pas s'écrire sous la forme ba.
Son écriture décimale est infinie et non périodique : les décimales se suivent sans jamais former de motif qui se répète.
Exemples classiques :
2≈1,41421356... est irrationnel (démontrable)
π≈3,14159265... est irrationnel
3≈1,73205080... est irrationnel
Exemple géométrique 📐 : La diagonale d'un carré de côté 1 mesure 2 (par le théorème de Pythagore : 12+12=d2, donc d=2). Ce nombre, bien qu'il existe géométriquement, ne peut pas s'écrire comme fraction !
⚠️ Attention :4=2 est rationnel ! Seules les racines carrées de nombres qui ne sont pas des carrés parfaits sont irrationnelles. Les carrés parfaits sont 1,4,9,16,25,36...
Exercice résolu : Parmi les nombres suivants, lesquels sont rationnels ? irrationnels ?
Un intervalle est une partie de R constituée de tous les réels compris entre deux bornes. Les symboles +∞ et −∞ signifient que l'intervalle s'étend sans limite.
Notation
Inégalité
Description
[a;b]
a⩽x⩽b
Bornes incluses (crochets fermés)
]a;b[
a<x<b
Bornes exclues (crochets ouverts)
[a;b[
a⩽x<b
a incluse, b exclue
]a;b]
a<x⩽b
a exclue, b incluse
[a;+∞[
x⩾a
Pas de borne supérieure
]−∞;b]
x⩽b
Pas de borne inférieure
]−∞;+∞[
tout x∈R
=R
⚠️ On n'écrit jamais de crochet fermé devant +∞ ou −∞ car ce ne sont pas des nombres. On écrit toujours [a;+∞[ et jamais [a;+∞].
Exemple :x∈[−1;3[ signifie −1⩽x<3. Le nombre 3n'appartient pas à cet intervalle, mais −1 oui.
2.2 Réunion et intersection d'intervalles
La réunionA∪B est l'ensemble des réels appartenant à Aou à B (ou aux deux).
L'intersectionA∩B est l'ensemble des réels appartenant à Aet à B.
Exemple résolu :
Soit A=[−3;2] et B=[0;5].
A∪B=[−3;5] (tous les nombres de −3 à 5)
A∩B=[0;2] (les nombres communs : de 0 à 2)
Exemple résolu :
Soit C=]−∞;1] et D=[4;+∞[.
C∪D=]−∞;1]∪[4;+∞[ (ne se simplifie pas en un seul intervalle car il y a un « trou » entre 1 et 4)
C∩D=∅ (aucun nombre n'est à la fois ⩽1 et ⩾4)
3. Valeur absolue et distance
3.1 Valeur absolue
La valeur absolue d'un réel a, notée ∣a∣, est la distance de a à 0 sur la droite numérique.
∣a∣={a−asi a⩾0si a<0
La valeur absolue « efface le signe » : elle renvoie toujours un nombre positif ou nul.
Exemples :∣5∣=5 et ∣−3∣=−(−3)=3 et ∣0∣=0.
Propriétés fondamentales :
∣a∣⩾0 pour tout réel a
∣a∣=0⟺a=0
∣−a∣=∣a∣
∣a×b∣=∣a∣×∣b∣
a2=∣a∣ (relation très importante !)
3.2 Distance entre deux réels
La distance entre deux réels a et b est ∣a−b∣.
L'ordre de soustraction n'a pas d'importance : ∣a−b∣=∣b−a∣.
Exemples :
Distance entre 3 et 7 : ∣3−7∣=∣−4∣=4
Distance entre −2 et 5 : ∣−2−5∣=∣−7∣=7
Distance entre −4 et −1 : ∣−4−(−1)∣=∣−3∣=3
3.3 Intervalle centré et valeur absolue
L'intervalle [a−r;a+r] est centré en a et de rayon r.
x∈[a−r;a+r]⟺∣x−a∣⩽r
Cela signifie : « x est à une distance au plusr de a ».
Exemple résolu pas à pas :
Décrire l'ensemble des x tels que ∣x−3∣⩽2.
Étape 1 → Identifier le centre a=3 et le rayon r=2.
Étape 2 → Écrire l'intervalle : [3−2;3+2]=[1;5].
Étape 3 → Conclure : l'ensemble des solutions est x∈[1;5].
3.4 Méthode : traduire un intervalle en condition avec valeur absolue
Problème : Caractériser l'intervalle [−1;7] avec une valeur absolue.
Trouver le centre :a=2−1+7=3
Trouver le rayon :r=27−(−1)=4
Conclusion :x∈[−1;7]⟺∣x−3∣⩽4
Problème inverse : Résoudre ∣x+2∣⩽5.
On réécrit : ∣x−(−2)∣⩽5, donc centre a=−2 et rayon r=5.
x∈[−2−5;−2+5]=[−7;3]
4. Encadrements décimaux
4.1 Encadrement à 10−n près
L'ensemble D des nombres décimaux est l'ensemble des nombres qui s'écrivent avec un nombre fini de chiffres après la virgule (c'est-à-dire sous la forme 10na).
Donner un encadrement décimal d'un réel x à 10−n près, c'est trouver deux décimaux consécutifs (distants de 10−n) qui encadrent x :
d⩽x<d+10−n
L'amplitude de cet encadrement est exactement 10−n.
Exemple résolu : Encadrer 2 à 10−2 près (au centième).
On sait que 2≈1,41421...
Étape 1 → Troncature au centième : 1,41
Étape 2 → On ajoute 10−2 : 1,42
Résultat :1,41⩽2<1,42 (amplitude 0,01)
Précision
Encadrement de 2
Amplitude
À l'unité
1⩽2<2
1
À 10−1 près
1,4⩽2<1,5
0,1
À 10−2 près
1,41⩽2<1,42
0,01
À 10−3 près
1,414⩽2<1,415
0,001
4.2 Arrondi et chiffres significatifs
L'arrondi de x à 10−n près est le décimal à n décimales le plus proche de x.
Règle : si le chiffre suivant est ⩾5, on arrondit au-dessus ; sinon, on garde la troncature.
Exemple :π≈3,14159...
Arrondi à l'unité : 3
Arrondi au dixième : 3,1
Arrondi au centième : 3,14
Arrondi au millième : 3,142 (car le chiffre suivant est 5⩾5)
Les chiffres significatifs sont tous les chiffres à partir du premier chiffre non nul. Ils indiquent la précision d'une mesure ou d'un calcul.
Exemples :
0,00342 a 3 chiffres significatifs (3, 4 et 2)
2,50 a 3 chiffres significatifs (le 0 final compte)
1500 peut en avoir 2, 3 ou 4 selon le contexte
Règle pratique : dans un calcul, le résultat ne doit pas avoir plus de chiffres significatifs que la donnée la moins précise.
Pour une mesure physique donnée à ±0,1 m, on arrondit à 0,1 m près (inutile de donner 10 décimales !).
📌 À retenir
R contient tous les nombres de la droite numérique : N⊂Z⊂D⊂Q⊂R.
Les nombres irrationnels (2, π…) ont une écriture décimale infinie non périodique et n'appartiennent pas à Q.
∣a−b∣ représente la distance entre a et b sur la droite numérique.
∣x−a∣⩽r⟺x∈[a−r;a+r] : intervalle centré en a, de rayon r.
Tout réel peut être encadré par deux décimaux aussi proches que l'on veut (à 10−n près).
La relation a2=∣a∣ est fondamentale et relie racine carrée et valeur absolue.
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