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Savoir-faire quantitatifs et graphiques

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Savoir-faire quantitatifs et graphiques

Les sciences économiques et sociales raisonnent avec des données : un taux de chômage, une part de bacheliers, l'évolution du PIB, la répartition des revenus. Savoir calculer, lire et interpréter ces données est une compétence évaluée dans toutes les épreuves : « faire une phrase avec la donnée », « calculer le taux de variation », « lire le tableau ». Ce chapitre rassemble les outils du programme de première : proportions et pourcentages de répartition, taux de variation, coefficient multiplicateur et indices, moyennes, médiane, valeurs nominales et réelles, tableaux à double entrée, graphiques. Chaque outil est présenté avec sa formule, un exemple et la phrase type qui l'exprime.

1. Proportions et pourcentages de répartition

1.1 La proportion

Une proportion (ou part) mesure le poids d'une partie dans un ensemble :

proportion=partieensemble×100(en %)\text{proportion} = \dfrac{\text{partie}}{\text{ensemble}} \times 100 \quad (\text{en } \%)

Exemple : en 20232023, la France compte 30,430{,}4 millions d'actifs dont 2,32{,}3 millions de chômeurs : 2,330,4×1007,6%\dfrac{2{,}3}{30{,}4} \times 100 \approx 7{,}6\,\%. Phrase : « En 20232023, en France, 7,6%7{,}6\,\% des actifs sont au chômage, selon l'Insee. »

La phrase de lecture indique toujours : le lieu, la date, la source, la population de référence (le dénominateur) et l'unité.

1.2 Le pourcentage de répartition

Quand on ventile un ensemble en catégories, les parts s'additionnent à 100%100\,\% : c'est un pourcentage de répartition. Exemple : répartition des actifs occupés par PCS en 20232023 : cadres 22%22\,\%, professions intermédiaires 25%25\,\%, employés 26%26\,\%, ouvriers 19%19\,\%, indépendants 8%8\,\% ; total 100%100\,\%. Attention : « 22%22\,\% des actifs occupés sont cadres », et non « 22%22\,\% des cadres ».

Un point de pourcentage est l'écart entre deux pourcentages : si le chômage passe de 7,67{,}6 à 8,6%8{,}6\,\%, il augmente de 11 point, ce qui représente une hausse de 13%13\,\% du nombre de chômeurs (1/7,61/7{,}6). Ne pas confondre points et pourcentages.

2. Mesurer une évolution

2.1 Le taux de variation

taux de variation=VarriveˊeVdeˊpartVdeˊpart×100\text{taux de variation} = \dfrac{V_{\text{arrivée}} - V_{\text{départ}}}{V_{\text{départ}}} \times 100

Exemple : PIB de la France 23002\,300 milliards en 20192019, 28002\,800 en 20232023 (en euros courants) : 280023002300×100+21,7%\dfrac{2\,800 - 2\,300}{2\,300} \times 100 \approx +21{,}7\,\%. Phrase : « Entre 20192019 et 20232023, le PIB de la France a augmenté de 21,7%21{,}7\,\%. » Un taux négatif signifie une baisse.

2.2 Le coefficient multiplicateur

coefficient multiplicateur=VarriveˊeVdeˊpart=1+taux de variation100\text{coefficient multiplicateur} = \dfrac{V_{\text{arrivée}}}{V_{\text{départ}}} = 1 + \dfrac{\text{taux de variation}}{100}

2800/23001,2172\,800/2\,300 \approx 1{,}217 : le PIB a été multiplié par 1,2171{,}217. Passer de l'un à l'autre : taux =(CM1)×100= (\text{CM} - 1) \times 100 ; un CM de 22 correspond à +100%+100\,\%, un CM de 0,80{,}8 à 20%-20\,\%.

2.3 Le taux de variation cumulé

Pour enchaîner plusieurs évolutions, on multiplie les coefficients multiplicateurs, on n'additionne jamais les taux. Une hausse de 10%10\,\% puis de 20%20\,\% : 1,10×1,20=1,321{,}10 \times 1{,}20 = 1{,}32, soit +32%+32\,\% (et non 30%30\,\%). Une hausse de 50%50\,\% suivie d'une baisse de 50%50\,\% : 1,5×0,5=0,751{,}5 \times 0{,}5 = 0{,}75, soit 25%-25\,\%. Sur nn années à taux constant tt : CM=(1+t)n\text{CM} = (1 + t)^n ; 2%2\,\% par an pendant 1010 ans donne 1,02101,2191{,}02^{10} \approx 1{,}219, soit +21,9%+21{,}9\,\%.

2.4 L'indice simple

Un indice exprime une série par rapport à une valeur de référence fixée à 100100 :

indicet=VtVbase×100\text{indice}_t = \dfrac{V_t}{V_{\text{base}}} \times 100

Base 100100 en 20192019 : PIB 20232023 =2800/2300×100121,7= 2\,800/2\,300 \times 100 \approx 121{,}7. Lecture : « le PIB a augmenté de 21,7%21{,}7\,\% entre 20192019 et 20232023 » ; l'indice − 100100 donne directement le taux de variation depuis la base. Les indices servent à comparer des séries d'unités différentes (prix, salaires, production) sur un même graphique. Attention : un indice ne donne pas le niveau (121,7121{,}7 n'est pas un montant) et deux indices ne se comparent qu'à même base.

3. Moyennes et médiane

3.1 Moyenne simple et moyenne pondérée

La moyenne arithmétique simple est la somme des valeurs divisée par leur nombre. La moyenne pondérée affecte à chaque valeur un poids (effectif, coefficient) :

xˉ=nixini\bar{x} = \dfrac{\sum n_i x_i}{\sum n_i}

Exemple : salaire moyen d'une entreprise de 1010 ouvriers à 18001\,800 €, 44 techniciens à 26002\,600 € et 11 cadre à 60006\,000 € : 10×1800+4×2600+600015=34400152293\dfrac{10 \times 1\,800 + 4 \times 2\,600 + 6\,000}{15} = \dfrac{34\,400}{15} \approx 2\,293 €. La moyenne simple des trois salaires (34673\,467 €) serait fausse : il faut pondérer par les effectifs.

3.2 La médiane

La médiane partage une population ordonnée en deux moitiés : 50%50\,\% ont une valeur inférieure, 50%50\,\% supérieure. Dans l'exemple, le salaire médian est 18001\,800 € (le 8e8^e salarié sur 1515 est un ouvrier). La médiane est insensible aux valeurs extrêmes, contrairement à la moyenne : le salaire du cadre tire la moyenne vers le haut. En France en 20232023, le salaire net mensuel moyen à temps plein est de 27302\,730 € et le salaire médian de 21802\,180 € : moyenne > médiane signale une distribution étirée vers le haut (quelques très hauts salaires). L'Insee mesure la pauvreté monétaire par rapport à la médiane (seuil à 60%60\,\% du niveau de vie médian).

3.3 Les indices synthétiques

Un indice synthétique résume plusieurs dimensions en un seul nombre : l'indice des prix à la consommation agrège les prix de milliers de produits pondérés par leur poids dans la consommation ; l'IDH (indice de développement humain) combine revenu, espérance de vie et éducation, entre 00 et 11. On les lit comme des indices (évolution, comparaison) en gardant à l'esprit qu'ils dépendent des pondérations choisies.

4. Valeur nominale et valeur réelle

Une grandeur en valeur nominale (ou en euros courants) est mesurée aux prix de l'année ; en valeur réelle (euros constants), elle est corrigée de l'inflation pour mesurer le pouvoir d'achat ou le volume.

indice en valeur reˊelle=indice en valeur nominaleindice des prix×100\text{indice en valeur réelle} = \dfrac{\text{indice en valeur nominale}}{\text{indice des prix}} \times 100

Approximation pour des taux faibles : taux de croissance réel ≈ taux nominal − taux d'inflation. Un salaire qui augmente de 4%4\,\% avec 5%5\,\% d'inflation baisse en termes réels d'environ 1%1\,\% ; calcul exact : 1,04/1,050,9901{,}04/1{,}05 \approx 0{,}990, soit 1%-1\,\%.

Application au taux d'intérêt : le taux d'intérêt réel ≈ taux nominal − inflation. Un livret à 3%3\,\% avec 5%5\,\% d'inflation rapporte un taux réel de 2%-2\,\% : l'épargnant perd du pouvoir d'achat ; un emprunteur à 3%3\,\% voit sa dette allégée par l'inflation. C'est pourquoi les banques centrales et les épargnants raisonnent en termes réels.

5. Lire un tableau à double entrée

Un tableau à double entrée croise deux variables (par exemple PCS et type de bac). Avant toute lecture, repérer : le titre, la source, l'unité, le sens des pourcentages (en ligne, en colonne ou par rapport au total). La ligne ou la colonne où les valeurs somment à 100100 indique la population de référence.

Exemple (répartition en ligne, en %) :

Bac obtenu selon la PCS du pèregénéraltechnologiqueprofessionnelsans bactotal
cadres741268100
ouvriers27192925100

Lecture : « 74%74\,\% des enfants de cadres ont obtenu un bac général » (et non « 74%74\,\% des bacheliers généraux sont enfants de cadres », ce qui exigerait des pourcentages en colonne). Comparaison : écart de 4747 points ; les enfants de cadres ont 2,72{,}7 fois plus souvent un bac général.

6. Représentations graphiques

GraphiqueUsageLecture
diagramme de répartition (circulaire, barres empilées)structure d'un ensemble à une date (parts qui somment à 100)comparer les parts ; attention aux angles et aux effets visuels
série chronologique (courbe)évolution d'une grandeur dans le tempstendance, ruptures, rythme (pente) ; vérifier l'échelle (linéaire ou logarithmique, base d'indice)
histogramme, barrescomparer des catégories ou des classeshauteur des barres ; ordonnée qui ne commence pas à zéro exagère les écarts
courbes d'offre et de demandefonctions simples Q=f(p)Q = f(p) sur un marchépente : sensibilité de la quantité au prix ; déplacement de courbe : changement d'un autre facteur
courbe de coûtcoût total ou marginal en fonction de la quantitépente croissante : coût marginal croissant

Pour les fonctions du marché : la pente de la demande est négative (quantité qui baisse quand le prix monte), celle de l'offre positive ; une droite plus plate signifie une réaction plus forte au prix. Un déplacement le long de la courbe traduit une variation du prix ; un déplacement de la courbe traduit une variation d'un autre facteur (revenu, coûts, goûts, taxe). Le point d'intersection est l'équilibre ; une taxe par unité déplace l'offre vers le haut du montant de la taxe.

7. Exemple résolu pas à pas

Énoncé. Document : salaire net moyen mensuel en France, 21502\,150 € en 20132013 et 27302\,730 € en 20232023 ; indice des prix base 100100 en 20132013 : 122122 en 20232023. Répartition des salariés par PCS en 20232023 : cadres 21%21\,\% (salaire moyen 45004\,500 €), professions intermédiaires 26%26\,\% (26002\,600 €), employés 28%28\,\% (19001\,900 €), ouvriers 25%25\,\% (19501\,950 €). a) Calculer le taux de variation du salaire nominal et le coefficient multiplicateur. b) Calculer l'indice du salaire nominal base 100100 en 20132013 puis l'indice du salaire réel. c) Conclure sur le pouvoir d'achat. d) Vérifier le salaire moyen de 20232023 par une moyenne pondérée. e) Sachant que le salaire médian est de 21802\,180 €, commenter.

Résolution.

a) 273021502150×100+27%\dfrac{2\,730 - 2\,150}{2\,150} \times 100 \approx +27\,\% ; CM 1,27\approx 1{,}27.

b) Indice nominal : 127127. Indice réel : 127/122×100104,1127/122 \times 100 \approx 104{,}1.

c) Le salaire réel a augmenté d'environ 4%4\,\% en dix ans : la hausse nominale de 27%27\,\% a été presque entièrement absorbée par l'inflation de 22%22\,\% ; approximation 2722=5%27 - 22 = 5\,\%, proche du calcul exact.

d) 0,21×4500+0,26×2600+0,28×1900+0,25×1950=945+676+532+487,526400{,}21 \times 4\,500 + 0{,}26 \times 2\,600 + 0{,}28 \times 1\,900 + 0{,}25 \times 1\,950 = 945 + 676 + 532 + 487{,}5 \approx 2\,640 € : proche de 27302\,730 (les arrondis et les catégories omises expliquent l'écart).

e) La médiane (21802\,180 €) est inférieure à la moyenne (27302\,730 €) : la moitié des salariés gagnent moins de 21802\,180 €, la moyenne est tirée vers le haut par les hauts salaires ; la médiane décrit mieux le salarié « typique ».


🎯 Rédiger. Toujours : la formule en lettres, le calcul, le résultat avec son unité, puis la phrase de lecture (lieu, date, source, population, unité). Distinguer point et pourcentage, nominal et réel, moyenne et médiane, taux et coefficient.


📌 À retenir

  1. Proportion = partie / ensemble × 100 ; pourcentage de répartition (somme = 100) ; écart en points.
  2. Taux de variation = (arrivée − départ) / départ × 100 ; coefficient multiplicateur = arrivée / départ ; évolutions successives : multiplier les CM ; indice = valeur / base × 100.
  3. Moyenne pondérée par les effectifs ; médiane = valeur qui partage en deux, insensible aux extrêmes ; indices synthétiques (prix, IDH).
  4. Réel = nominal corrigé des prix ; taux réel ≈ nominal − inflation (taux d'intérêt réel).
  5. Tableau à double entrée : repérer le sens des pourcentages avant de lire ; graphiques : répartition, série chronologique, courbes d'offre, de demande et de coût (pente, déplacement).

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