Au collège, le cosinus et le sinus étaient définis dans un triangle rectangle, pour des angles entre 0° et 90°.
En première, on les étend à n'importe quel nombre réel, grâce à un cercle de rayon 1 sur lequel on « enroule » la droite des réels.
Cette extension est indispensable en physique (mouvements circulaires, ondes, courant alternatif) et elle prépare l'étude des fonctions trigonométriques en terminale.
Trois nouveautés dans ce chapitre : une nouvelle unité d'angle, le radian ; le cercle trigonométrique ; et des valeurs remarquables à connaître par cœur, avec leurs démonstrations.
1. Le radian
1.1 Définition
Sur un cercle de rayon R, un angle au centre de 1 radian intercepte un arc de longueur R : c'est l'angle pour lequel « l'arc a la même longueur que le rayon ».
Le tour complet mesure 2πR, donc un tour complet vaut 2π radians, et un demi-tour vaut π radians :
π rad=180°
1.2 Convertir des degrés en radians et inversement
Les mesures en degrés et en radians sont proportionnelles : on utilise le coefficient 180π.
Degrés
0°
30°
45°
60°
90°
180°
360°
Radians
0
6π
4π
3π
2π
π
2π
Exemples :150°=150×180π=65π rad.
Réciproquement, 43π rad =43×180°=135°.
1.3 Longueur d'un arc
Un arc de cercle de rayon R intercepté par un angle au centre de θ radians a pour longueur
L=R×θ
C'est la raison d'être du radian : la formule est sans coefficient parasite. Avec des degrés, il faudrait écrire L=3602πRθ.
Exemple : sur un cercle de rayon 4 cm, un angle de 32π intercepte un arc de longueur 4×32π=38π≈8,38 cm.
2. Le cercle trigonométrique et l'enroulement de la droite
2.1 Définition
Le cercle trigonométrique est le cercle de centre O et de rayon 1, dans un repère orthonormé (O;I;J), orienté dans le sens direct : le sens inverse des aiguilles d'une montre.
Le point I(1;0) est l'origine des arcs.
2.2 Enroulement de la droite des réels
Imaginons la droite des réels comme un fil tangent au cercle en I, l'origine 0 du fil en I.
On enroule le fil autour du cercle : les réels positifs dans le sens direct, les négatifs dans le sens indirect.
À tout réel x correspond ainsi un unique point M(x) du cercle, tel que l'arc de I à M ait pour longueur ∣x∣.
Comme le rayon vaut 1, cet arc correspond à un angle au centre de x radians.
Points à connaître :
x
0
2π
π
23π
2π
−2π
M(x)
I(1;0)
J(0;1)
I′(−1;0)
J′(0;−1)
I
J′
2.3 Plusieurs réels, un même point
Le fil fait un tour complet pour une longueur 2π.
Donc x et x+2π correspondent au même point, et plus généralement :
M(x+2kπ)=M(x)pour tout entier k
Exemple :37π=3π+2π, donc M(37π)=M(3π).
De même −45π+2π=43π, donc M(−45π)=M(43π).
Parmi tous les réels associés à un même point, un seul appartient à ]−π;π] : c'est la mesure principale.
Pour la trouver, on ajoute ou retranche des multiples de 2π.
🎯 Méthode pour placer M(x) : ramener x dans ]−π;π] en ajoutant ou retranchant 2π, puis repérer la fraction de tour : 6π est un douzième de tour, 4π un huitième, 3π un sixième, 2π un quart.
3. Cosinus et sinus d'un nombre réel
3.1 Définition
Soit x un réel et M(x) le point associé sur le cercle trigonométrique.
Le cosinus de x est l'abscisse de M, le sinus de x est son ordonnée :
M(x)=(cosx;sinx)
Cercle trigonométrique (rayon 1, dessiné ici avec 4 cm pour 1 unité). Pour x=3π, l'abscisse de M est cosx=21 et son ordonnée sinx=23.
Comme M est sur le cercle de rayon 1, ses coordonnées sont comprises entre −1 et 1, et le théorème de Pythagore dans le triangle OHM donne la relation fondamentale :
−1⩽cosx⩽1−1⩽sinx⩽1cos2x+sin2x=1
3.2 Lien avec le triangle rectangle
Pour 0<x<2π, le triangle OHM est rectangle en H avec OM=1.
Le cosinus « du collège » donne cosx=OMOH=OH et sinx=OMHM=HM : on retrouve exactement l'abscisse et l'ordonnée de M.
Les nouvelles définitions prolongent les anciennes à tous les réels.
3.3 Signes selon le quart de cercle
x dans
]0;2π[
]2π;π[
]−π;−2π[
]−2π;0[
cosx
+
−
−
+
sinx
+
+
−
−
Le cosinus est positif « à droite » de l'axe des ordonnées, le sinus est positif « au-dessus » de l'axe des abscisses.
3.4 Périodicité
Puisque M(x+2π)=M(x) : pour tout réel x et tout entier k,
cos(x+2kπ)=cosxsin(x+2kπ)=sinx
4. Valeurs remarquables
4.1 Le tableau à connaître par cœur
x
0
6π
4π
3π
2π
cosx
1
23
22
21
0
sinx
0
21
22
23
1
Moyen mnémotechnique : les cosinus sont 24,23,22,21,20, et les sinus la même liste dans l'autre sens.
4.2 Démonstration pour 4π (exigible)
Soit M=M(4π).
L'angle IOM vaut 4π=45°, donc dans le triangle OHM rectangle en H, l'angle OMH vaut aussi 45° : le triangle est isocèle en H, d'où OH=HM, c'est-à-dire cos4π=sin4π.
La relation fondamentale donne alors 2cos24π=1, soit cos24π=21.
Comme cos4π>0 (premier quart de cercle) :
cos4π=sin4π=21=21=22
4.3 Démonstration pour 3π (exigible)
Soit M=M(3π).
Le triangle OIM a deux côtés de longueur 1 (OI=OM=1, rayons) et un angle de 3π=60° en O : il est isocèle avec un angle de 60°, donc équilatéral.
Dans un triangle équilatéral, la hauteur issue de M est aussi la médiane : le pied H de la hauteur est le milieu de [OI], donc OH=21, c'est-à-dire cos3π=21.
Puis, par la relation fondamentale, sin23π=1−41=43 et, comme sin3π>0 :
cos3π=21sin3π=23
Les valeurs en 6π s'en déduisent par la symétrie de la partie 5 : cos6π=sin3π=23 et sin6π=cos3π=21.
5. Angles associés : lire le cercle
Les symétries du cercle permettent de déduire le cosinus et le sinus de nombreux réels à partir des valeurs remarquables. Chaque formule se lit sur le cercle, il est inutile de les apprendre sans les comprendre.
Point
Symétrie par rapport à…
Formules
M(−x)
l'axe des abscisses
cos(−x)=cosx, sin(−x)=−sinx
M(π−x)
l'axe des ordonnées
cos(π−x)=−cosx, sin(π−x)=sinx
M(π+x)
le centre O
cos(π+x)=−cosx, sin(π+x)=−sinx
M(2π−x)
la droite y=x (échange des coordonnées)
cos(2π−x)=sinx, sin(2π−x)=cosx
Exemples :
cos65π : 65π=π−6π, donc cos65π=−cos6π=−23 et sin65π=sin6π=21.
sin(−3π)=−sin3π=−23.
cos67π : 67π=π+6π, donc cos67π=−23 et sin67π=−21.
cos32π : 32π=π−3π, donc cos32π=−21.
⚠️ Pour ne pas se tromper de signe, place toujours le point sur un cercle dessiné rapidement : le quart de cercle donne les signes, la valeur remarquable « de référence » donne les valeurs absolues.
Lire le cercle à l'envers : trouver x connaissant cosx ou sinx
Exemple : les réels x de ]−π;π] tels que cosx=21.
Sur le cercle, les points d'abscisse 21 sont M(3π) et son symétrique par rapport à l'axe des abscisses M(−3π).
Donc x=3π ou x=−3π.
Exemple :sinx=−22 avec x∈]−π;π].
Les points d'ordonnée −22 sont M(−4π) et son symétrique par rapport à l'axe des ordonnées M(−43π).
6. Algorithme : approcher π avec Archimède
Archimède a encadré π en calculant les périmètres de polygones réguliers inscrits dans un cercle, en doublant le nombre de côtés : hexagone, puis 12, 24, 48, 96 côtés.
Dans un cercle de rayon 1, l'hexagone inscrit a des côtés de longueur 1.
Si s est le côté du polygone à n côtés, le côté du polygone à 2n côtés vaut 2−4−s2 (théorème de Pythagore appliqué deux fois).
Le demi-périmètre2n×s se rapproche de π, car le périmètre du cercle vaut 2π.
from math import sqrt
s = 1.0# côté de l'hexagone inscrit dans le cercle de rayon 1
n = 6for k inrange(6):
s = sqrt(2 - sqrt(4 - s * s)) # côté du polygone à 2n côtés
n = 2 * n
print(n, n * s / 2) # demi-périmètre, proche de pi
Résultats : 12 côtés donnent 3,1058, 24 côtés 3,1326, 48 côtés 3,1394, 96 côtés 3,1410, 384 côtés 3,14156. Archimède s'était arrêté à 96 côtés et avait obtenu l'encadrement 3+7110<π<3+71.
7. Exemple résolu pas à pas
Énoncé. Déterminer les valeurs exactes de cos45π et de sin(−67π).
Résolution.
Pour cos45π. On écrit 45π=π+4π : le point M(45π) est le symétrique de M(4π) par rapport à O, dans le troisième quart de cercle où le cosinus est négatif.
Donc
cos45π=−cos4π=−22.
Pour sin(−67π). On commence par ramener le réel dans ]−π;π] : −67π+2π=65π, donc sin(−67π)=sin65π.
Puis 65π=π−6π, et le sinus est conservé par la symétrie d'axe (OJ) :
sin(−67π)=sin65π=sin6π=21.
Contrôle du signe : M(65π) est dans le deuxième quart de cercle, au-dessus de l'axe des abscisses, le sinus est bien positif.